HOMMAGE sapeurs-pompiers marignane hélicoptère accident à le Rove dragon NORBERT SAVORNIN

NORBERT Savornin, ce héros...


  • L'ACCIDENT

Il n’y a bien que le souffle du vent pour rompre le silence. De l’acti- vité humaine en contrebas, l’on n’entend pas un bruit. Rien ne vient perturber le calme qui règne au-dessus de cette garrigue de chênes kermès qui recouvre le massif de la Nerthe. Seuls quelques avions qui décollent de l’aéroport de Marignane, ou s’y présentent, rompent le silence. C’est là, quelques heures plus tôt, en pleine nuit, qu’est repéré ce que les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône cherchaient sans relâche depuis la veille au soir : un hélicoptère Dragon de la Sécurité civile avec trois personnes à bord. Un pilote, un mécanicien opérateur de bord et un secouriste héliporté des Pompiers13. 

Ce sont Jean Garat, Michel Escalin et Norbert Savornin. Ce dimanche 1er décembre, alors que le ciel continue de martyriser le Sud-Est et dans le cadre de la mobili- sation des forces de sécurité civile, le Dragon30 venu de Nîmes était pré-positionné au centre de secours de Martigues, avec un pilote et un mécanicien de bord, pour embarquer un plongeur sauveteur héliporté du Sdis 13. Ils ont réalisé une première mission dans le Vaucluse l’après-midi, effectué 13 hélitreuillages et sauvé cinq personnes. « Ils ont fait ce que vous savez faire », a salué Christophe Castaner aux Pompiers13 meurtris par ces disparitions, au lendemain du drame. Puis dans la soirée, vers 20 heures, il faut partir en renfort dans le Var. Le pilote et le mécanicien opéra- teur de bord, tous deux rattachés à la base aérienne de Nîmes-Garons, et le secouriste héliporté des Pompiers13 prennent tout juste le temps d’avaler une part de pizza à la caserne de Martigues avant de « refiouler » à Marignane. Le Dragon 30 de la Sécurité civile décolle pour le secteur de Fréjus. Il leur faut une vingtaine de minutes pour atteindre le Cannet-des-Maures. L’hélico ne pointe pas le bout de son nez, alors le Sdis 83 prévient le Sdis 13. Des recherches massives sont lancées en plusieurs points du département et même en mer, car le Dragon devait finalement prendre la voie littorale et un axe plus large, pour profiter d’une météo plus calme en direction du Var. Le plan Sater (sauvetage aéro-terrestre) est déclenché par le préfet ; c’est un plan de secours spécialisé pour la recherche d’aéronefs en détresse. Des équipes cynotechniques et Grimp prennent part aux recherches. Pas moins de 120 pompiers des Bouches-du-Rhône appuyés par leurs collègues marins-pompiers et trois hélicoptères militaires sont déployés. Le centre opérationnel départemental est activé en préfecture. Le colonel Grégory Allione, chef de corps, se rend auprès de la famille de Norbert Savornin, avec le lieutenant-colonel Yvan Egloff, chef du groupement Ouest, le commandant Jean-Marc Roditis, chef de centre de Martigues, et le médecin Joël Fabbri, médecin de groupement, de même que le capitaine Bernard Schifano, président de l’Union Pompiers13.

Vers 1h15 du matin, ce sera finalement un hélicoptère de l’armée qui découvrira l’épave de l’hélicoptère de la Sécurité civile, au sommet d’une colline sur une zone en faux plat, dans le massif de la Nerthe à l’ouest des Pennes-Mirabeau. Les secours terrestres convergent vers le site. Ils vont malheureusement constater qu’il n’y a pas de survivants. Comment cela a-t-il pu ar- river ? Une enquête a été ouverte et confiée aux gendarmes de la brigade des transports aériens pour déterminer les circonstances de ce drame.

  • NORBERT, CE HÉROS

On se demande bien comment l’on pourrait commencer ce portrait autrement. Quel autre mot l’on pourrait choisir pour résumer Norbert Savornin... et puis l’on se heurte à l’évidence. Norbert est un héros. De ceux qui, discrè- tement, mettent leur vie au service des autres. Mais pouvait-il envisager et bâtir autrement son destin ? Lui qui vient d’une famille où l’engagement et le don de soi semblent se transmettre de génération en géné- ration, comme un legs des plus naturels... Son grand- père et ses oncles étaient pompiers, de même que son frère et son père Daniel, pompier professionnel à Marignane. Celui que l’on surnommait « Canard » en était même une figure, à telle enseigne d’ailleurs qu’un bâtiment a été baptisé du nom de l’adjudant Savornin, décédé en 2014. C’est de son père sans doute que Norbert tenait ce caractère bien trempé,

A dieu, Norbert.